Survivre pour vaincre
Ce sont souvent des gens avec des emplois réguliers. Des personnes de la classe moyenne qui travaillent tous les jours afin d'avoir assez d'argent pour répondre aux besoins essentiels de leur petite famille et se permettre quelques folies pour colorer leur existence. Jusqu'à ce que la maladie frappe un de leurs enfants... et puis brusquement, les habitudes basculent.Pour une leucémie par exemple, le traitement peut s'étendre sur 104 semaines avec plusieurs visites à l'intérieur d'une même semaine. Malheureusement, ce ne sont pas tous les établissements de santé qui ont les installations nécessaires à la chimiothérapie pour les enfants. L'hôpital Sainte-Justine couvre tout le territoire du Québec et même les maritimes ainsi que l'Ontario. Les gens qui viennent de l'extérieur de la ville doivent donc débourser pour l'hébergement et des services de restauration qui, même à des coûts minimes, constituent une augmentation des dépenses.
Peu importe son âge, lorsqu'un enfant doit faire face à l'insécurité que cause la maladie, il a besoin de la présence de ses parents. L'un des deux doit souvent renoncer à son travail, à sa carrière. C'est souvent celui qui paie le moins qu'on laisse tomber. C'est souvent la femme qui quitte son emploi. Avec de la chance, elle aura peut-être une année sabbatique accordée par son employeur, qui lui permettra de réintégrer ses fonctions à son retour. Malheureusement, le couple doit tout de même subir une baisse de revenus drastique, une pauvreté non-envisagée.
On entend rarement parler de la situation économique des parents qui ont un enfant gravement malade, c'est pourtant un problème beaucoup plus grand que l'on croit. Ces gens sont aidés psychologiquement, mais qu'en est-il financièrement? Ils reçoivent des paniers de Noël une fois par année, mais le reste du temps? Même s'il n'y a qu'un des deux parents qui travaille et qu'il leur est difficile d'arriver, certains refuseront d'aller vers les banques alimentaires non pas par orgueil, mais parce qu'ils disent que d'autres sont probablement plus dans le besoin qu'eux.
| Publié par Josianne Massé à 21H34 |
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