Le capital pauvreté
On voudrait tous éliminer la pauvreté. On souhaiterait que les gens puissent vivre adéquatement sans se demander s'ils arriveront à combler tous leurs besoins essentiels, que ce soit à la fin de mois ou juste avant la paie. On a tous cette idéologie utopique de réduire l'écart entre les pauvres et les riches... tant que ça ne touche pas notre confort.Et si je vous disais demain matin qu'une nouvelle taxe serait instaurée pour enrayer la pauvreté du Québec? Si vous aviez à vous priver de ces verres que vous prenez de temps en temps pour célébrer la fin de la semaine et décompresser? Si vous aviez à renoncer à ce voyage que vous aviez prévu en République Dominicaine pour scier l'hiver en deux?
On ne veut surtout pas que tous les pauvres deviennent riches, mais on va implanter quelques programmes dans des milieux défavorisés pour encourager une ou deux personnes de temps en temps à s'en sortir. On les prendra en exemple pour démontrer qu'on ne reste pas pauvre toute une vie. On va se donner bonne conscience en parlant de l'accessibilité des ressources alors qu'ils manquent de moyens. On va lancer deux dollars à un musicien dans le métro en se disant qu'on a fait notre bonne action de la journée.
Pourquoi a-t-on besoin des pauvres?
Pour faire fonctionner les services que nous utilisons tous les jours.
Pour accepter les emplois au salaire minimum, sans avantages sociaux.
Pour consommer sans questionner. On leur vend l'image et le rêve.
Parce que sans les pauvres, les riches ne pourraient pas s'enrichir.
| Publié par Josianne Massé à 22H02 |
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